Maria Walliser visite le village en Éthiopie

«J’aime ces grandes familles avec leur maman»

L’ancienne championne de ski et médaillée d’or Maria Walliser s’est rendue dans le village d’enfants SOS de Harar, en Ethiopie, au titre d’ambassadrice de SOS Villages d’Enfants. Elle n’a pas seulement expliqué aux enfants ce qu’est la neige, mais a joué avec eux, par exemple au slackline.


«J’ai été championne suisse de ski», raconte Maria Walliser, brandissant une photo où elle dévale une pente en position accroupie. Les 40 élèves de 5e la regardent avec de grands yeux. La neige, ils n’en ont jamais vue à Harar, une ville de l’est de l’Ethiopie. Et le ski est une chose qu’ils ne peuvent imaginer. Ce n’est que lorsque la médaillée d’or montre d’autres photos et qu’elle fait une comparaison avec Haile Gebrselassie, le champion du monde et champion olympique de marathon, que les enfants commencent à rayonner. Gebrselassie est un héros national en Ethiopie et le fait qu’une championne du monde suisse leur rende visite fait battre le cœur des enfants.


Construire des châteaux

Pendant la leçon d’anglais, les enfants parlent des tâches ménagères qu’ils accomplissent. Mais leur anglais n’est pas suffisant pour une discussion sur un sport qui leur est étranger. Pas de problème: Maria Walliser s’assied à leur pupitre, les regarde lire à haute voix et parle sans gêne de leur vie de tous les jours et de leur famille. Les enfants ne peuvent que se sentir bien quand l’ambassadrice de SOS Villages d’Enfants leur sourit, encourage un des garçons qui bredouille en lisant ou caresse les cheveux d’une fillette en disant: «Sois heureuse d’apprendre!» Maria Walliser a beaucoup de cœur, les enfants en font l’expérience dans l’école Hermann Gmeiner, au jardin d’enfants et au village d’enfants SOS de Harar.

Au jardin d’enfants, impossible de bavarder ensemble. Les gosses apprennent certes l’anglais dès l’âge précoce de quatre ans, mais leurs connaissances se limitent aux lettres de l’alphabet et à quelques mots basiques. Ça ne fait rien: après des débuts timides, les filles et les garçons s’agglutinent autour de Maria Walliser et sont heureux de bâtir des châteaux avec elle. Quand elle leur montre le jeu où on place une main sur l’autre et on retire toujours celle du dessous, les enfants ne se tiennent plus. Cette femme aux drôles d’idées ne doit en aucun cas repartir. Seule l’intervention de la jardinière d’enfants amène les enfants à la lâcher, à contrecœur.
L’ambassadrice de SOS Villages d’Enfants apprécie particulièrement le cours de musique. Le fait qu’elle se mette au piano pour jouer un morceau est doublement récompensé: d’un côté par le chant de SOS Villages d’Enfants que tous les enfants entament à pleins poumons pendant que l’enseignant les accompagne à l’orgue électrique; de l’autre par une danse traditionnelle. Trois fillettes en uniforme bleu ciel et blouse jaune dansent devant la classe, sous les applaudissements enthousiastes des autres enfants. Il ne faut guère de temps avant que trois garçons se précipitent pour danser avec elles. Même l’enseignant, dans sa blouse blanche, ne peut se contenir et balance des hanches à l’arrière de la classe. «C’est totalement cool», trouve Maria Walliser à la fin, bissant les enfants à grand bruit.

La meilleure école de la ville

910 élèves fréquentent l’école Hermann Gmeiner de la première à la douzième classe, considérée comme la meilleure de la région. Année après année, elle remporte des prix publics pour ses résultats, et beaucoup de ses anciens élèves étudient dans les meilleures universités d’Afrique ou d’Europe et des Etats-Unis.
«Un de nos élèves a obtenu une bourse pour Harvard», raconte fièrement Limenih Nihne, le directeur de l’école. Comme le jardin d’enfants avec ses 201 élèves de trois à six ans, l’école n’est pas seulement ouverte aux enfants du village d’enfants SOS de Harar, mais aussi à ceux qui vivent dans les environs. 142 élèves viennent du village, 768 de l’extérieur.

Donner un avenir aux enfants

Maria Walliser, qui a passé une petite semaine en Ethiopie au mois de décembre pour visiter différentes installations de SOS Villages d’Enfants, est enthousiaste: «Les deux structures – les maisons familiales des villages d’enfants SOS et la scolarité – opèrent en parallèle, offrant un avenir aux enfants. Cet avenir peut être de faire des études ou un apprentissage professionnel dans un centre de formation SOS pour devenir menuisier, mécanicien ou serveuse.»

La mère de deux filles bientôt adultes est particulièrement impressionnée par le fait que les mamans sont au centre des villages d’enfants SOS et le lien le plus naturel qui soit entre les individus. «J’aime ces grandes familles avec leur maman et leurs tantes», dit-elle tout en regardant ces mamans SOS faire la cuisine ou échanger des idées sur l’éducation des enfants. «Toutes les mères sont des héroïnes, mais les mères d’ici, qui s’occupent de dix enfants, sont non seulement des héroïnes, mais aussi des managers.»
Quand les enfants rentrent de l’école, Maria Walliser et Fre, maman SOS, sortent de la maison pour jouer avec eux. Les filles n’en croient pas leurs yeux quand elle déballe un élastique et montre par des sauts élégants comment y jouer. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, des grappes d’enfants s’agglutinent autour de l’élastique rose. Tous veulent essayer de voir à quelle hauteur ils arrivent à sauter, et même Fre ose se lancer sous leurs rires.

Exercice sur la slackline

Le sommet absolu est atteint avec la slackline que Maria Walliser a amenée de chez elle, d’entente avec sa plus jeune fille, qui s’en sert pour s’entraîner. Maria Walliser se balance sans problème sur la sangle qu’elle a fixée à un mètre du sol entre deux arbres. Les enfants font patiemment la queue avant d’oser faire leurs premiers pas sur la sangle, avec son aide. Ils se montrent rapidement plus aventureux et parviennent à faire quelques pas seuls. Maria Walliser est impressionnée: «Les enfants éthiopiens sentent bien leur corps», dit-elle.
La prochaine fois qu’elle viendra dans le village d’enfants SOS de Harar, presque tous les enfants sauront marcher en équilibre sur la slackline.