Népal : 100 jours après le séisme

Plus de trois mois après le séisme, SOS Villages d’Enfants Népal poursuit ses actions pour permettre aux familles de se relever durablement et de reconstruire leurs vies.

Le bilan est très lourd : près de 8900 morts, des millions de victimes, 14 districts touchés de plein fouet, plus de 600’000 logements complètement détruits…

Début août, cela fera 100 jours qu’un séisme a frappé le Népal, suivi d’un deuxième et de milliers de répliques. Le bilan est très lourd : près de 8900 morts, des millions de victimes, 14 districts touchés de plein fouet, plus de 600’000 logements complètement détruits… L’aide d’urgence reste d’actualité d’autant plus que la mousson sévit depuis juin. Des milliers de glissements de terrain ont déjà été enregistrés et d’innombrables personnes sont contraintes de se déplacer alors que des milliers d’autres vivent toujours dans des camps d’urgence. Les épidémies menacent et l’insécurité alimentaire s’accentue. 2,8 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, la survie de centaines de milliers d’entre elles en dépend. Protection, abris, nourriture, santé, aide psychosociale, approvisionnement en eau et systèmes d’assainissement restent prioritaires. La reconstruction est difficile et le retour à une vie normale prendra de longues années pour les communautés qui, dès le début, ont témoigné d’une exemplaire solidarité et d’une grande capacité de résilience.

49’000 services dans 12 districts


SOS Villages d’Enfants qui a pour mission première de protéger les enfants qui ont perdu ou risquent de perdre la prise en charge parentale s’est immédiatement lancée dans l’identification des enfants non accompagnés tout en essayant de réunifier les familles.

Forte de son expérience, de ses infrastructures (e.a. 10 Villages d’Enfants SOS), de ses 39 programmes, de ses familles SOS et collaborateurs (fort heureusement épargnés) et de ses réseaux de partenaires, SOS Villages d’Enfants Népal a réagi dès le 25 avril pour protéger et secourir les enfants et les communautés. Rapidement, l’association a pu gérer 4 camps d’urgence où elle a dispensé les premiers secours à d’innombrables familles qui ont, pour certaines, aussi trouvé un refuge dans ses infrastructures. Ainsi l’Ecole SOS de Sanothimi a abrité des centaines de personnes et le Village d’Enfants SOS de Jorpati a assuré les besoins vitaux de 1000 enfants de la communauté. En trois mois, 300 collaborateurs, travailleurs sociaux ou volontaires, se sont mobilisés dans 12 districts pour fournir plus de 49000 services  à des enfants, mères qui allaitent, personnes âgées : accueil des familles, soins médicaux, distribution de tentes, eau, nourriture, lait pour nourrissons, kits d’hygiène, «Home in a box» (avec produits alimentaires et articles ménagers).

Protéger les enfants les plus fragiles

SOS Villages d’Enfants qui a pour mission première de protéger les enfants qui ont perdu ou risquent de perdre la prise en charge parentale s’est immédiatement lancée dans l’identification des enfants non accompagnés tout en essayant de réunifier les familles. Il faut dire que lors de telles catastrophes, les risques de trafic et d’exploitation se multiplient. Aujourd’hui, 39 enfants séparés de leurs parents vivent en sécurité dans une famille SOS au sein des Villages d’Enfants SOS de Gandaki, Kavre, Sanothimi et Bharatpur. Parallèlement, l’association a développé un Kinship Programme  («programme filiation») pour soutenir des enfants devenus orphelins ou qui ne pouvaient plus vivre avec leurs parents et désormais pris en charge par des membres éloignés de leur famille. Par ailleurs, en trois mois elle a ouvert 25 espaces d’accueil de jour (certains toujours opérationnels) qui ont été à même d’accueillir quelque 2000 enfants. Là, leurs besoins quotidiens étaient assurés et ils ont commencé à surmonter leurs traumatismes (accompagnement psychosocial, art thérapie, activités récréatives/éducatives) et à retrouver une vie normale. Leurs familles ont pu pendant ce temps se concentrer sur les urgences du quotidien tout en bénéficiant de conseils. Depuis la réouverture des écoles, l’association s’est attelée à favoriser la scolarisation des enfants, à distribuer matériel et uniformes scolaires. Certains espaces d’accueil continuent par ailleurs de dispenser des activités éducatives informelles. L’éducation est toujours une priorité : l’ouverture de centres temporaires d’apprentissage est nécessaire pour des centaines de milliers d’enfants alors que 7000 écoles doivent être démolies avant reconstruction.

Sur la voie de la reconstruction

Sur plusieurs années, SOS Villages d’Enfants Népal pourra aider plus de 15'000 enfants, adolescents et adultes. Depuis quelque temps, elle multiplie des actions durables et met l’accent sur la réhabilitation, les moyens de subsistance et la reconstruction. Il s’agit de garantir protection et bien-être aux enfants, favoriser leur éducation, leur assurer un accompagnement psycho-social et une sensibilisation à leurs droits. De nouveaux centres sociaux devraient voir le jour dans le cadre de l’accompagnement des familles. 1000 d’entre elles seront épaulées pour retrouver ou consolider des activités génératrices de revenus (mesures économiques, formations). Elles rallieront un programme de renforcement familial pour développer leurs capacités parentales et ainsi permettre à leurs enfants d’être soutenus. SOS Villages d’Enfants Népal compte enfin construire 300 logements sociaux pour des familles sinistrées qu’elle aide depuis la catastrophe. Last but not least, l’association réhabilitera quatre écoles publiques (dont une à Lakhuridanda, projet en cours de planification) là même où elle a déployé son aide d’urgence.