Philippines : Réhabilitation durable un an après la catastrophe

7/11/14 - Dès le lendemain de la catastrophe du redoutable typhon Haiyan, SOS Villages d’Enfants organisait une aide d’urgence. Un an plus tard, l’heure est à une reconstruction durable...

SOS Villages d’Enfants a décidé de réhabiliter l’école élémentaire 12 de Palanog, totalement détruite par le typhon.

Suite au passage du redoutable typhon Haiyan, les efforts conjugués du gouvernement, de la communauté internationale et des acteurs humanitaires ont permis un rapide déploiement de l’aide d’urgence. Les Philippines sont désormais sur le chemin de la reconstruction. Les progrès en termes de relèvement sont tangibles et la population fait preuve d’une extraordinaire capacité de résilience. Mais il reste beaucoup à faire. Une totale réhabilitation prendra de longues années et des milliers de familles restent vulnérables face aux sempiternelles saisons des pluies. Il faut dire que les Philippines, troisième pays au monde le plus exposé aux catastrophes naturelles subit régulièrement cyclones, séismes et éruptions volcaniques dont chaque année une vingtaine de violentes tempêtes. 2014 n’a pas échappé à la règle...

Tacloban: de la désolation à la réhabilitation du village d’enfants

Dès le lendemain de la catastrophe, l’organisation mondiale SOS Villages d’Enfants s’est attelée à mettre en place un programme d’aide d’urgence en direction de la communauté de Tacloban, là même où elle est active depuis 1970 avec plusieurs infrastructures et programmes dédiés aux enfants qui ont perdu ou risquent de perdre la prise en charge parentale. Tacloban n’était plus que désolation. Le Village d’Enfants SOS était lui devenu « un village fantôme » selon les mots de son directeur, Oscar Garol, les familles SOS ayant dû être évacuées pour de longues semaines. « Sans enfants, ce n’est pas un village d’enfants… quelle joie le jour où ils sont revenus » se souvient-il. Le village d’enfants a en effet retrouvé sa pleine activité et sa joie de vivre. Réhabilité et agrandi, c’est un lieu sûr, protecteur et sécurisant, pour les enfants.

Espaces d’accueil pour les enfants, réhabilitation d’une école élémentaire

Outre les premiers secours, SOS Villages d’Enfants a progressivement ouvert 11 espaces d’accueil où 32 volontaires, dont certains membres de la communauté, s’occupaient de 2000 enfants (repas, aide psycho-sociales, activités (ré)créatives…). « Face à une telle catastrophe, notre expérience nous a appris que les enfants devenaient les groupes les plus vulnérables » expliquait Sumanta Kar, directeur de SOS Inde ajoutant : « Les écoles étant fermées, les enfants étaient négligés par les adultes qui devaient s’atteler aux urgences du quotidien, trouver à manger ou un abri, fardeau qu’un enfant n’a pas à subir ». Depuis cet été, alors que les écoles ont rouvert leurs portes, ces centres ont fermé. Par ailleurs, SOS Villages d’Enfants a décidé de réhabiliter l’école élémentaire 12 de Palanog, totalement détruite par le typhon. Début 2015, 12 salles de classe et d’autres espaces de vie devraient fonctionner, les enfants retrouveront alors un environnement d’apprentissage sûr et stimulant.

Protéger les enfants devenus orphelins

Au fil des mois, SOS Villages d’Enfants a développé un programme pluriel de réhabilitation en direction de centaines de familles avec comme priorité la protection des enfants, le renforcement des moyens de subsistance, la reconstruction des infrastructures communautaires et la construction d’habitations. « On a passé le stade de l’urgence » soulignait récemment Oscar Garol. « Pour l’heure, nous nous attachons à fournir une aide qui va bien au-delà de la distribution, un soutien qui doit avoir un grand impact pour les communautés de Tacloban », en totale adéquation avec la philosophie de travail de SOS Villages d’Enfants. Avec comme toujours au cœur de ses actions, les enfants. Voilà pourquoi l’organisation s’est attelée en premier lieu à protéger ceux qui avaient perdu leurs parents à cause du typhon. Un programme « filiation » (Kinship Programme) a vu le jour pour soutenir plus de 120 enfants pris en charge par des parents éloignés à travers une aide financière mensuelle qui sert à couvrir leurs besoins médicaux et éducatifs et les dépenses quotidiennes comme le transport scolaire et la cantine.

Redémarrer les activités, retrouver un logement

 D’autres aides matérielles ont été mises en place par le biais du programme « moyens de subsistance » (Livelihood Programme) destiné à aider près de 500 familles à retrouver des moyens de subsistance, à redémarrer des activités génératrices de revenus. « Nous avons renforcé les moyens des communautés. Nous avons donné des bateaux aux pêcheurs. Nous avons donné des outils aux menuisiers. Nous avons donné des moyens financiers aux cuisiniers des environs pour leur permettre de relancer leurs « carinderias ». Enfin, la reconstruction de logements durables est au cœur de ce programme holistique : environ 600 pour des familles communautaires vulnérables seront construits sur deux sites différents. En août dernier, deux familles de Palanog avaient reçu les deux premières maisons qui servent de modèles aux maisons à venir…