Syrie : 5 ans de guerre civile

Le conflit a provoqué la plus importante crise humanitaire depuis la 2e guerre mondiale. Une génération d’enfants est exposée à la guerre, privée de ses droits...

Une génération entière d’enfants est exposée à la guerre et à la violence.

La Syrie entre dans sa sixième année de guerre civile. Le conflit a provoqué la plus importante crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale, selon ECHO*. Les besoins des habitants augmentent, les déplacements de la population se poursuivent.


Une génération entière d’enfants est exposée à la guerre et à la violence, privée des droits élémentaires, de l’éducation et de la protection. Selon l’UNICEF, environ 2,6 millions d’enfants sont aujourd’hui déscolarisés.

Le programme d’urgence de SOS Villages d’Enfants Syrie :

  • Mise en place de lieux d’hébergement temporaire pour les enfants isolés, séparés de leur famille, à Damas (zone urbaine et rurale), Tartous, Alep ou Homs. Sur une période d’un an, un millier d’enfants bénéficient d’une aide dans plusieurs domaines : santé, protection, nutrition, éducation, formation professionnelle, soutien psychologique…
  • Implantation, dans les mêmes localisations, d’espaces d’accueil des enfants afin d’offrir un environnement sécurisé aux plus vulnérables (enfants déplacés, issus des communautés affectées). Sur une période d’un an, 10 000 enfants peuvent bénéficier de services éducatifs mais aussi de d’activités récréatives et de loisirs.
  • Fourniture d’une aide alimentaire à 5000 foyers, représentant 25000 personnes dont 15000 enfants.
  • SOS Villages d’Enfants est présente en Syrie depuis les années 1980. Depuis le début de la guerre civile, elle est venue en aide à plus de 111000 Syriens grâce à la mise en place d’un programme d’urgence.
  • En janvier 2016, SOS Villages d’Enfants Syrie était l’une des rares organisations à avoir l’autorisation d’entrer dans la ville assiégée de Madaya afin de procéder à une évaluation des besoins des enfants. De plus, elle a procuré une assistance à des réfugiés syriens au Liban.

Interview d’Abeer Pamuk, SOS Villages d’Enfants Syrie

Abeer Pamuk, citoyenne syrienne qui a rejoint récemment SOS Villages d’’Enfants Syrie et qui a été une des premières à entrer dans la ville assiégée de Madaya se confie sur la situation de son pays et l’importance du travail que SOS Villages d’Enfants fait sur place.  

Vous avez récemment quitté la Syrie. Pouvez-vous décrire les conditions de vie quotidienne dans ce pays ?
Abeer Pamuk:« A Alep, vous oubliez la chute des roquettes car il y a des choses encore pires. Il y a la pénurie d’eau, d’électricité, l’absence de prise en charge médicale, de médicaments et de beaucoup d’autres choses qui ont un plus grand impact sur la vie quotidienne des habitants que les bombes. La guerre est à l’intérieur des moindres détails de la vie quotidienne, elle est présente dans tout ce que nous faisons.

Avant, nos maisons étaient des endroits sûrs, où nous pouvions courir nous réfugier des bruits de la guerre. Bientôt, nous nous habituerons aux bruits mais nous ne nous habituerons jamais à ne pas avoir d’eau ni d’électricité. La vraie guerre est quand vous vous asseyez dans la même pièce que votre famille mais que vous ne pouvez pas voir le visage de votre mère ou de vos frères à cause de l’obscurité, vous ne pouvez voir que leurs ombres.

La guerre c’est quand vous devez toucher les murs de votre maison pour pouvoir vous déplacer. Lorsque votre maison devient sombre et froide. La guerre existe dans la lumière de la bougie que vous devez poser sur la table du dîner au XXIe siècle ou sur votre bureau quand vous essayez d’étudier. La guerre pollue l’eau, et les ténèbres ont poussé ma mère à se couper les cheveux pour ressembler à un garçon.
Vous commencez la journée avec le besoin de trouver de l’eau pour laver votre visage et la journée se termine par la vue de votre respiration lorsque vous essayez de trouver le sommeil dans un hiver glacé, sans chauffage.

J’étais si désespérée, comme les plusieurs millions de personnes qui vivent à Alep. Après avoir travaillé un an au village d’enfants SOS d’Alep, je suis allée au siège de l’association à Damas. »

Racontez-nous le travail que fait SOS Villages d’Enfants en Syrie.
Abeer Pamuk: « Depuis que la guerre civile a commencé en Syrie en mars 2011, le nombre d’enfants à prendre en charge a dramatiquement augmenté et il y avait besoin d’étendre le travail que faisait SOS Villages d’Enfants Syrie. Le Programme d’Aide d’Urgence a été lancé en 2013.
Par exemple, deux Centres d’aides temporaires prennent en charge les enfants non accompagnés, séparés de leurs parents ou qui ont perdu leur famille. Ces centres offrent aux enfants un endroit sûr pour s’échapper du conflit, nous protégeons leurs droits tels qu’ils sont écrits dans la Convention internationale des Droits de l’Enfant.

Nous veillons à leur bonne nutrition, leur accès aux soins médicaux, leur éducation et nous leur donnons des habits. Nous offrons une aide sociale et psychologique pour les aider à atténuer leur traumatisme et nous travaillons à réunir les enfants et les parents ou membres de leurs familles qui ont été séparé durant les combats.

Cette mission est menée par une équipe professionnelle et en partenariat avec les communautés locales, les associations et organisations locales et internationales. »

*European Commission Humanitarian Office (Office d’aide humanitaire de la Commission européenne)