Syrie: la détresse dans les villes assiégées

10/06/2016 - Alors que la situation humanitaire en Syrie reste catastrophique et que les négociations à Genève sont au point mort depuis avril, 13,5 millions de personnes ont d’urgence besoin d’aide.

Les civils paient un lourd tribut à cette guerre qui a fait 280’000 morts et quelque 11,5 millions de déplacés internes et de réfugiés.

Alors que la situation humanitaire en Syrie reste catastrophique et que les négociations à Genève sont au point mort depuis avril, 13,5 millions de personnes dont près de la moitié d’enfants, ont d’urgence besoin d’aide. Les civils paient un lourd tribut à cette guerre qui a fait 280’000 morts et quelque 11,5 millions de déplacés internes et de réfugiés. La situation est accablante, plus encore dans les villes assiégées toujours plus nombreuses. Près de 600’000 personnes y survivent dans des conditions déplorables, beaucoup sont affamées et malades. Et on compte sur les doigts les convois humanitaires qui ont pu depuis le début de l’année entrer dans certaines localités.

L’amélioration de l’accès humanitaire est une des conditions pour la reprise des pourparlers à Genève. Or depuis des semaines aucun signe d’amélioration n’est venu et la date limite du 1er juin fixée par le Groupe international de soutien à la Syrie, avant que le Programme alimentaire mondial ne procède à des largages aériens, a expiré.

Le 1er juin, un convoi humanitaire était enfin autorisé à entrer dans la ville assiégée de Daraya (pour la première fois depuis 2012) et dans celle de Moadamiyeh. Mais à Daraya, où vivent 8000 civils affamés, des vivres n’ont pu être acheminés et le second convoi qui devait avoir lieu vendredi 3 juin a été annulé.

Aux dernières nouvelles les Nations Unies et la Croix-Rouge pourraient accéder par route courant juin à 12 des 19 localités assiégées. Pour autant un largage de vivres (tributaire lui aussi d’un accord du régime syrien) continue d’être réclamé par une partie de la communauté internationale bien que de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour contester ces parachutages dangereux et rarement efficaces.

Face à cette situation, SOS Villages d’Enfants Syrie s’est engagée début 2016, aux côtés d’organisations internationales, à secourir des enfants en danger dans plusieurs villes assiégées, dont Madaya. Elle entend garantir un accès à des traitements médicaux à des enfants de Madaya et d’Al Tal qui en ont d’urgence besoin. Le programme SOS est certes tributaire des conditions de sécurité et les actions sont souvent retardées, voire empêchées, dans leur mise en place, mais SOS Syrie reste mobilisée.