Tsunami: 10 ans après

18/12/2014 - En 2004, des milliers de personnes per-daient leur famille, leurs amis, leur maison à cause du tsunami. Que sont devenues les victimes? Leurs histoires parlent du courage de survivre et de la force de retrouver le bonheur.

Abdul Rahman, 21 ans, Village d’enfants SOS  de Banda Aceh, Indonésie
«Malgré la tragédie, j’ai trouvé le bonheur.»


Abdul Rahman

Mon père est mort lors du tsunami. Ma mère un an après. Ses poumons ont collapsé à cause de l’eau et de la boue qu’elle avait avalées. Orphelin du tsunami, j’ai été accueilli au village d’enfants SOS de Banda Aceh. Ma vie a donc pris un tournant positif malgré la tragédie. Mes parents étaient très pauvres et dans l’impossibilité de m’envoyer à l’école. Au village d’enfants SOS, j’ai trouvé une nouvelle famille, pu jouer avec d’autres enfants et aller à l’école. Ça a été une bénédiction pour moi. J’ai appris aussi en souvenir de mes parents, auxquels je pense tous les jours. Ils seraient heureux de vivre mes succès. Le souvenir d’eux me fait avancer.


Je travaille depuis trois mois au sein de l’équipe TI de l’université d’Aceh. Mes activités sont très exigeantes et me plaisent beaucoup. C’est mon premier poste. J’ai beaucoup de plans pour l’avenir, je veux me perfectionner pour devenir spécialiste des TI et travailler au sein d’une des grandes firmes TI d’Indonésie ou à mon compte. J’ai appris à vivre avec la tragédie d’alors et à regarder tout de même l’avenir avec optimisme. Je le dois à mes parents.

Zainudin, maire de Suak Raya, Indonésie
«Vous êtes restés avec nous.»


Zainudin

La vague m’a emporté et je suis resté accroché à un arbre. Mes blessures m’ont laissé six cicatrices. Chacune d’entre elles symbolise une des personnes que j’ai perdues: ma mère, mon père, mon frère et mes deux fils. Il a fallu du temps avant que je retrouve mon sens de l’humour. Aujourd’hui, je peux dire que la cicatrice la plus épaisse représente ma femme: elle était plutôt corpulente de son vivant!


Je n’ai pas eu le temps de penser à mes souffrances personnelles: je dirigeais alors le secrétariat communal et j’ai dû m’occuper de personnes désespérées et chercher à approvisionner quotidiennement la commune en nourriture. Quelques mois plus tard, j’ai été élu maire du village. Ce n’était pas facile d’admi-nistrer les gens dans cette période. C’est alors que je suis entré en contact avec SOS Villages d’Enfants. Ils ne faisaient pas de promesses, mais construisaient des maisons. Nous n’avons pas seulement reçu de nouvelles maisons, mais de nouveaux foyers. Ça a été l’étape la plus importante vers un nouvel avenir.
D’autres œuvres d’entraide ont aidé, puis sont reparties. SOS Villages d’Enfants est restée avec nous, a construit la clinique et le centre communal, avec l’école et la bibliothèque, tout ce dont nous avons vraiment besoin. Aujourd’hui, il ne reste plus de traces des dégâts à Suak Raya. Je me suis remarié et j’ai des enfants avec ma nouvelle épouse. La relation avec SOS Villages d’Enfants subsiste. Ils nous demandent comment on va, aujourd’hui encore, dix ans après. C’est tout aussi important que l’aide matérielle que nous avons reçue.

Ibu Jana, maman SOS, Meulaboh, Indonésie
«J’ai été envoyée pour donner de l’amour.»


Ibu Jana

Nous étions une famille avec trois petits enfants quand les flots ont déferlé sur notre ville. Une fois l’eau repartie, il ne restait plus que des montagnes de vêtements. J’y ai désespérément cherché des traces de mon mari. Mais je n’ai absolument rien trouvé, je n’ai pas pu faire vraiment mon deuil. J’ai aussi accueilli ma nièce, dont les parents étaient morts noyés.


J’avis donc quatre bouches à nourrir. J’y arriverai d’une manière ou d’une autre, ai-je pensé, mais il serait difficile de réunir l’argent nécessaire pour les envoyer à l’école.

Je suis entrée en contact avec SOS Villages d’Enfants par l’intermédiaire d’une amie. J’ai su dès ma première visite où était ma place. Il y avait tellement d’enfants pitoyables, ayant tout perdu et un besoin pressant d’amour et d’une personne pour s’occuper d’eux. Je suis devenue maman SOS. Avec mes enfants et les orphelins, nous avons fondé une grande famille.

J’ai aujourd’hui dix enfants. La plus âgée fait des études de psychologie à Medan, j’en suis très fière. Entre mes enfants et les autres, les filles et les garçons, les bébés et les adolescents: je ne fais pas de différence. Ils sont tous mes enfants et ont tous besoin de mon amour et de mon attention. Mais les enfants ne sont pas les seuls à avoir trouvé un nouveau toit, le village d’enfants est aussi devenu mon foyer. Quand j’ai dû me faire enlever un kyste cette année, j’ai reçu beaucoup de réconfort de tout le village. Je n’arrêterai pas de travailler comme maman SOS, j’ai encore beaucoup d’amour à donner aux enfants qui ont besoin de moi.

Utilisation des dons récoltés

Les réalisations obtenues dans les régions frappées par le Tsunami:
  • 65 millions de francs de dons
  • 23 000 bénéficiaires
  • 2000 maisons familiales
  • 300 bateaux de pêche
  • 6 nouveaux villages d’enfants SOS