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15.11.2017 Actualités Programme d'aide Tous Afrique Sécheresse en Ethiopie.

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Dans de vastes régions d’Afrique, la population subit actuellement une crise alimentaire sans précédent et d’innombrables enfants risquent de mourir de faim. SOS Villages d’Enfants fournit une aide d’urgence aux personnes touchées, et tout particulièrement en Ethiopie. Dans un entretien, Erika Dittli, responsable des programmes de SOS Villages d’Enfants, explique comment l’organisation humanitaire utilise les dons pendant cette catastrophe naturelle.

Comment se fait-il que tant de pays d’Afrique souffrent de sécheresse prolongée?

Le phénomène El Niño l’année dernière a eu une très grande influence sur les conditions météorologiques. Les précipitations attendues lors de la dernière saison des pluies ne sont pas tombées en quantité prévue. Or l’agriculture dans des pays comme l’Ethiopie dépend de la pluie. Pour la population, c’est un désastre.

De quoi souffrent les habitants?

Il n’y a plus assez d’eau potable. Les sources d’eau se tarissent. A la place de l’eau purifiée, la population boit l’eau sale des rivières. Il en résulte des maladies diarrhéiques, particulièrement dangereuses pour les enfants. Et les moyens de subsistance de la population sont détruits. L’absence de précipitations entraîne des pertes sur le plan des récoltes, le bétail se meurt. Par conséquent, les coûts alimentaires explosent. Et comme chacun sait, les personnes déjà dans le besoin peuvent d’autant moins payer les denrées alimentaires.

Que fait SOS Villages d’Enfants pour aider les personnes touchées?

Nous aidons directement la population grâce à des colis alimentaires. En fonction de la taille de la famille, les personnes reçoivent des aliments de base, tels que de la farine, de l’huile, du sucre. Nous acheminons de l’eau potable fraîche dans les villages par camions. Nous approvisionnons aussi les familles en nourriture et en eau pour leur bétail, qui est important pour leur survie et surtout pour leur avenir.

L’aide arrive-t-elle vraiment aux familles qui en ont besoin?

Absolument. Nos collaborateurs locaux vérifient sur place quelles familles avec enfants sont particulièrement démunies. Nous les intégrons alors à nos programmes d’aide d’urgence. Nous tenons des listes concrètes de toutes les personnes auxquelles nous apportons notre aide. Et elles doivent toujours confirmer la quantité et le type d’aliments qu’elles ont reçus. Nous évitons ainsi les abus et gardons aussi le contrôle écrit sur le fait que l’aide atteint directement la population.

Que permet de réaliser un don de 10 francs?

Il sauve des vies. Avec 10 francs, une famille éthiopienne a de l’eau potable pour toute une semaine. Un colis alimentaire pour un mois coûte 150 francs. Actuellement, nous utilisons aussi les dons reçus pour creuser des puits de forage. Au village d’enfants SOS d’Harar, par exemple, les habitants n’ont de l’eau que pendant quelques heures par semaine. Avec ces puits de forage, nous garantissons l’approvisionnement en eau potable de toute une commune.

Est-ce que SOS Villages d’Enfants encourage les mesures permettant aux régions touchées de s’aider elles-mêmes?

Sur ce point, nous travaillons étroitement avec d’autres organisations humanitaires et avec les autorités. Nous finançons les projets d’agriculture irriguée qui réduisent la dépendance aux pluies. Nous nous engageons aussi pour des systèmes d’alerte précoce permettant de déceler en temps utile les menaces de catastrophes naturelles, ce qui est utile dans la planification prévisionnelle de la lutte contre les situations d’urgence. Nous développons également des programmes communautaires de soutien au niveau des communes. Par exemple, après une bonne récolte, une réserve est constituée afin d’être distribuée à la population en cas d’urgence. Ce type d’aide renforce durablement la résistance des villages face aux situations difficiles.

Peut-on espérer une fin de la sécheresse en Ethiopie?

Nous comptons sur la prochaine saison des pluies. Ce sera une période de test délicate. S’il pleut trop, il y a risque d’inondation et les sols sont emportés au lieu de retenir l’eau. S’il ne pleut pas assez, cela ne suffit pas pour garantir les prochaines récoltes. Mais même si la saison des pluies est normale, nous maintiendrons notre aide aussi longtemps que la population en aura besoin pour se remettre de la sécheresse actuelle.