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01.08.2018 Actualités Programme d'aide Tous Moyen Orient Le travail des enfants en syrie

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La famille de Rami a tout perdu dans la destructiond’Alep. Après avoir fui les bombes, ils onttrouvé refuge dans une maison en ruines prèsde Damas. Afin que la famille survive, Rami, âgéde 10 ans, travaille jour et nuit.

La journée de Rami commence au petit matin. Il livre des courses pour un supermarché. Certains clients vivent dans les immeubles de Jaramana, dans la banlieue de Damas. Les bâtiments ne disposant pas d’ascenseurs, Rami gravit les nombreux étages en portant de lourds sacs. Le soir, il doit continuer à travailler. Le petit garçon de 10 ans ramasse des sacs plastiques dans la rue et les arrière-cours que le propriétaire du magasin lui rachète pour très peu d’argent. Même si le travail de Rami ne rapporte pas énormément d’argent, pour sa famille, ces revenus sont une question de survie.

«Mon père n’a pas d’emploi stable», explique Rami. «Il cherche du travail tous les jours, il travaille un peu ici, un peu là.» Avec ces revenus incertains, le père ne peut plus subvenir seul aux besoins de la famille. Sa mère doit quant à elle s’occuper de ses frères et soeurs plus jeunes. «Devoir travailler comme ça est une lourde responsabilité pour moi», avoue Rami. Il envie les enfants qui peuvent aller à l’école: «J’aimerais être l’un d’entre eux.»

Une fuite qui coûte cher

Auparavant, la famille de Rami vivait à Alep. Ils étaient déjà pauvres avant la guerre, mais les bombes ont détruit le peu qu’ils possédaient. «La petite maison où nous vivions n’est plus qu’un triste souvenir», confie le père de Rami. «A chaque fois que nous parlons de notre vie d’avant, les yeux de mes enfants sont remplis de larmes qui finissent par couler sur leurs joues creuses.» La guerre a volé leur enfance.

Les parents de Rami n’ont pas eu le choix, il a fallu fuir Alep. A Jaramana, près de Damas, ils trouvent alors une maison inachevée à louer. La famille tente d’isoler les murs en briques avec des cartons d’emballage. Les déplacements de population et la fuite coûtent cher, même lorsque l’on vit dans des logements aussi précaires. Dans des zones relativement à l’abri des combats, le coût de la vie et les loyers sont extrêmement élevés. Les quelques rares économies perdent de leur valeur en raison de l’inflation.

Les conditions de vie de la famille de Rami s’aggravent alors de jour en jour. Sans revenu fixe, le père ne peut presque plus nourrir ses enfants. «Lorsque j’ai décidé d’envoyer Rami travailler, ma femme a pleuré toute la nuit», confie le père dans toute sa détresse. Il sait bien quels sont les risques lorsqu’un enfant est dans la rue en temps de guerre: enlèvement, abus, accidents. «Mais qu’aurais-je pu donc faire d’autre?»

Un contact direct

En Syrie, SOS Villages d’Enfants dispose de centres d’accueil pour les enfants des rues et ceux qui doivent travailler. «Dans nos centres,
les enfants reçoivent l’essentiel qui leur manque: un repas chaud, des installations sanitaires, un lieu protégé pour se reposer et jouer. Grâce aux cours de soutien, ils rattrapent les leçons qu’ils n’ont pas pu suivre», explique ainsi Mohammed, directeur du centre d’accueil de Jaramana. «Avec notre soutien psychologique et matériel, nous préparons les enfants à retourner à l’école et nous libérons les parents du poids écrasant de devoir laisser leurs enfants travailler.»

Mohammed et les collaboratrices et collaborateurs de SOS Villages d’Enfants se rendent régulièrement dans les quartiers de Damas et entrent en contact avec les enfants et les familles. C’est également ce qui s’est passé pour Rami. «Il était en mauvaise santé à cause des mauvaises conditions de logement et de travail», résume ainsi le directeur la première visite de Rami au centre. «Il était également traumatisé et son comportement social était perturbé. Il avait clairement peur de son environnement.» La misère qu’il a endurée pendant longtemps l’empêchait même d’exprimer ses besoins. «Mais il est remarquablement intelligent et il adore chanter», remarque Mohammed alors qu’il entend par hasard Rami fredonner une mélodie. «Nous encourageons ce talent. Le chant l’aide à surmonter ce qu’il a vécu.»

Rami aime les repas servis au centre d’accueil et les vêtements qu’on lui donne: «Les cours sont super et me permettent d’oublier mon triste quo tidien.» Voilà comment Rami perçoit ses passages au centre. Son état de santé s’améliore et son intérêt pour les cours est flagrant. Lors des activités de loisirs, il chante des chansons avec ses nouveaux amis.

Le projet de Mohammed permettant à la famille de Rami de surmonter ses difficultés s’avère efficace. Le soutien psychosocial et les cours de soutien scolaire préparent Rami et ses frères et soeurs à leur scolarisation. Les parents bénéficient quant à eux d’un soutien financier pour subvenir à leurs besoins essentiels afin que le jeune garçon ne soit plus obligé de travailler. «SOS Villages d’Enfants est comme un ami pour moi aujourd’hui», confie Rami en souriant.

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Un projet contre le travail des enfants en Syrie
En 2016, SOS Villages d’Enfants a lancé un nouveau projet contre le travail des enfants en Syrie. Nous nous adressons aux enfants de la région de Damas de moins de 18 ans qui ont dû quitter l’école pour aider financièrement leur famille. Ces enfants reçoivent des soins médicaux de base, un accès à l’éducation, un soutien psychosocial ainsi qu’un cadre protégé pour faire des activités ludiques avec leur famille. Chaque enfant est réintégré dans le système scolaire en disposant du nécessaire de base – c’est-à-dire un uniforme, des stylos, un accès au transport scolaire, des vêtements – et en ayant accès aux soins médicaux.

Défis:
De nombreuses écoles en Syrie ont été détruites. Le manque de locaux entraîne la suroccupation des établissements encore ouverts. Il est difficile de trouver suffisamment de places pour un si grand nombre d’enfants.

Assurance qualité:
Afin d’assurer la protection rigoureuse des enfants, les parents signent un accord. En échange, ils reçoivent une partie de leur loyer de la part de SOS Villages d’Enfants ainsi que des bons pour des repas.

Objectif:
130 enfants ont déjà bénéficié du programme contre le travail des enfants. L’objectif est d’en faire profiter 500 enfants.