ZOOM SOS no. 1/2011 - Afrique du Sud: le long chemin vers l’égalité

17 ans après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud continue de lutter contre d’innombrables problèmes sociaux: un chômage élevé, l’inégalité persistante entre les membres des différentes communautés de couleur et un pourcentage élevé d’infections par le VIH marquent la vie des 49 millions d’habitants. Les enfants sont les premiers à souffrir de ces conditions.

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ZOOM SOS no. 1/2011
En 1994, après la victoire électorale de l’African National Congress et la fin de l’apartheid, les lourdes sanctions internationales qui frappaient depuis longtemps l’Afrique du Sud ont été levées. Grâce à ça et à la suppression des barrières internes, l’économie du pays a pu se développer, tout comme l’exploitation de ses richesses minières.

Pourtant, l’atmosphère euphorique dans laquelle s’est faite cette transition pacifique vers un avenir démocratique n’empêche pas la moitié de la population de vivre encore en dessous  du seuil de pauvreté, un quart d’entre elle d’être au chômage et la répartition des revenus de rester l’une des plus injustes au monde: en 2008, selon le South African Institute of Race Relations. 3,6 pour cent des Blancs étaient pauvres, pour 49 pour cent des Noirs, soit pratiquement autant qu’en 1994. Et malgré la suppression de l’apartheid, la société continue d’être divisée entre Blancs et Noirs. La pauvreté de nombreux Noirs les empêche tout simplement de quitter les townships pour emménager dans de meilleurs quartiers.

Le sida, une bombe à retardement

Le principal défi auquel l’Afrique du Sud se trouve confrontée, ce sont toutefois le VIH et le sida. L’ex-président Nelson Mandela a dit un jour: «Le sida n'est plus une simple maladie. Le sida est un enjeu des droits de l'Homme.» Les chiffres lui donnent raison: selon les dernières estimations, 5,7 millions de personnes sont infectées, soit la proportion nationale la plus élevée au monde après celles du Swaziland, du Botswana et du Lesotho. Tout aussi alarmant est le fait qu’il existe plus de 1,2  million d’orphelins du sida, soit la moitié de tous les orphelins du pays. Les experts escomptent que leur nombre atteindra 2,3 millions d’ici à 2020. C’est pourquoi Siphiwe Maphanga, directeur national de SOS Villages d’Enfants Afrique du Sud, considère comme urgentissime de développer les villages d’enfants SOS et les programmes de renforcement des familles (PRF).

Une des causes de la persistance de la propagation du VIH et du sida est, selon l’ONUSIDA, l’activité sexuelle précoce des jeunes et la prévention toujours insuffisante. Ces explications coïncident avec les observations faites par Busi Ngmenya überein, coordinatrice des PRF au village d’enfants SOS de Nelspruit. «Un des problèmes auxquels nous sommes confrontés, dans le cadre des programmes de renforcement des familles, ce sont les grossesses d’adolescentes», dit-elle. «C’est un signe clair que la prévention du sida chez les jeunes des townships est mal faite.»

L’accès aux médicaments

La prévention du sida et les programmes sur la manière de se conduire avec les personnes séropositives sont partie intégrantes du travail de SOS Villages d’Enfants en Afrique du Sud. Des programmes sont régulièrement exécutés auprès des enfants et des adolescents, en fonction de leur âge, pour qu’ils apprennent comment se comporter. Avec les organisations d’entraide locales, SOS Villages d’Enfants veille à ce que les parents atteints du sida aient accès gratuitement aux médicaments, dans les hôpitaux, et qu’ils les prennent régulièrement. «C’est le seul moyen d’assurer que les parents ne négligent pas leurs enfants», dit Siphiwe Maphanga.

La discrimination des enfants dont les parents sont morts du sida a eu pour conséquence que, pour des raisons de droits des enfants, seuls ceux dont les parents ou les ayants droit ont donné leur autorisation peuvent être testés. «Nous essayons de convaincre les gens de l’importance de ces tests», dit Busi Ngmenya. Car une alimentation équilibrée et la prise de médicaments dès que possible permettent de tenir la maladie en échec.

La Coupe du monde de football, l’été passé, a braqué les projecteurs sur les difficultés de l’Afrique du Sud. «L’intérêt des Européens pour nos programmes a augmenté et nous recevons davantage de soutien», dit Siphiwe Maphanga. Et pouvoir vivre soi-même un des matchs a été une inspiration pour les enfants. «Ils y penseront longtemps.» Quant à savoir si la Coupe du monde contribuera à changer les choses, il est trop tôt pour le dire.

Le premier village d’enfants SOS a été construit en 1982 à Ennerdale, au sud de Johannesburg. Les enfants des villages d’enfants SOS sont élevés en toute égalité par des mamans SOS de différentes couleurs, une situation qui était encore impensable du temps de l’apartheid. Aujourd’hui, il existe huit villages d’enfants SOS en Afrique du Sud, où vivent 1500 enfants.